- Des individus ont séquestré une famille en Seine-et-Marne pour obtenir des actifs numériques appartenant à l’ancien occupant des lieux
- Les assaillants opéraient sous la direction d’un tiers au téléphone, citant l’identité d’un résident ayant quitté le pavillon en 2020.
Un nouveau cas de séquestration à domicile lié aux actifs numériques a été recensé à Vaires-sur-Marne. Une femme et ses deux enfants ont été pris pour cible par des individus cherchant à extorquer des cryptomonnaies, bien que les victimes ne possèdent aucun investissement de ce type. Ils se sont en effet trompés de cible, puisque la personne qu’ils voulaient aurait quitté l’appartement.
Les agresseurs exigeaient des transferts d’actifs en suivant les directives d’un commanditaire au téléphone
Le groupe de malfaiteurs s’est introduit au domicile de la famille de 3 personnes vers 6h30 du matin. Une fois à l’intérieur, les deux exécutants ont ligoté la mère et ses deux enfants, âgés de 19 et 23 ans, avant de les menacer avec une arme blanche. L’enquête montre que les agresseurs agissaient sous la coordination constante d’un correspondant au téléphone.
Ce dernier, identifié comme le possible commanditaire, dictait les ordres en temps réel. Il citait à plusieurs reprises le nom de l’ancien propriétaire du pavillon où habite la famille. Ce dernier, un investisseur crypto présumé, avait pourtant cédé son bien et quitté les lieux depuis août 2020.
Malgré l’absence des fonds recherchés, les assaillants ont maintenu la séquestration durant une partie de la matinée. Bredouilles, ils exigeaient l’accès à des portefeuilles numériques dont les victimes ignoraient tout. Réalisant finalement leur méprise après avoir constaté l’absence du profil visé, les deux assaillants ont quitté les lieux.
En partant, ils ont dérobé à la pauvre famille 3 000 euros en liquide, des bijoux et deux téléphones portables. Le parquet de Meaux a confié l’enquête à la section spécialisée dans le crime organisé. Il compte retenir les qualifications de vol avec arme en bande organisée et séquestration.
Les fuites de données sur les investisseurs cryptos mettent en danger des profils au-delà de la sphère
Cette affaire met en lumière une faille sécuritaire majeure pour les citoyens n’ayant aucun lien avec l’écosystème blockchain. La persistance de données d’habitation obsolètes sur le dark web, issues de fuites massives de plateformes de cryptomonnaies, crée un risque de sécurité physique par ricochet.
Par exemple, les listes de clients issues de piratages passés, comme celle de Ledger ou d’autres plateformes, continuent d’être exploitées par des criminels. Ces derniers ne vérifient pas l’actualité des informations, des listes d’adresses associées à des profils d’investisseurs avant de passer à l’acte. Dans le cas de Vaires-sur-Marne, un battement de plus de cinq ans entre le départ de l’investisseur et l’agression n’a pas suffi à protéger les nouveaux occupants.
La multiplication de ces incidents en France depuis le début de l’année 2025 souligne une professionnalisation des méthodes d’extorsion physique. Désormais les commanditaires gèrent les opérations à distance à cause de la pression policière. Pour les autorités, ce phénomène pose un défi complexe : la protection ne peut plus se limiter aux seuls détenteurs d’actifs identifiés.
Désormais, elles voient que l’historique numérique d’un bien immobilier peut désormais compromettre n’importe quel résident actuel. Cette situation appelle à une réflexion plus profonde sur le droit à l’effacement des données de localisation dans les bases de données financières et commerciales. Pour les investisseurs, la suppression des traces physiques et numériques de leur adresse devient une priorité vitale.

