- Un commando de cinq individus a pris en otage un couple et sa fille à Juilly pour obtenir les codes d’une clé Ledger.
- Bien que les malfaiteurs soient repartis bredouilles de cryptomonnaies, l’incident marque la 14e agression physique liée aux actifs numériques en France depuis le 1er janvier 2026.
La violence physique s’installe durablement comme un risque majeur pour les investisseurs crypto sur le territoire national. Vendredi 6 février 2026, un nouveau seuil de brutalité a été franchi à Juilly, une commune paisible de Seine-et-Marne.
Une famille a été la cible d’une opération de séquestration coordonnée par un groupe de cinq malfaiteurs cagoulés. Cette agression, confirmée par le procureur de la République de Meaux, porte à quatorze le nombre d’affaires de crypto-kidnappings orecensées en France depuis le début de l’année. C’est carrément une dérive sécuritaire inquiétante pour le secteur.
Un assaut coordonné et des menaces physiques pour forcer un transfert numérique
Les faits se sont déroulés en matinée, lorsque les assaillants ont forcé l’entrée du pavillon familial. Une fois à l’intérieur, les malfaiteurs ont déployé un mode opératoire visant à briser toute résistance par la terreur. La mère de famille a été violemment maintenue au sol, immobilisée par le cou. Tandis que son mari était menacé à l’aide d’un tournevis.
Les agresseurs exigeaient les codes d’accès et la phrase de récupération de la clé matérielle Ledger détenue par le père. Cette technique de la wrench attack, qui consiste à utiliser la force physique plutôt que le piratage, visait à réaliser des virements immédiats en Bitcoin vers des portefeuilles anonymes. Malgré la violence des pressions subies pendant plusieurs heures, la famille a tenu tête aux ravisseurs. Ainsi, elle a empêché la spoliation de leur patrimoine numérique.
Échec de l’extorsion mais envolée des violences physiques en France
Repartant sans le moindre bitcoin, les individus ont finalement dérobé des ordinateurs et des téléphones portables avant de prendre la fuite. Si le bilan financier est nul pour les criminels, le traumatisme psychologique pour le couple et leur fille de 20 ans est immense. Cette affaire s’inscrit dans une tendance lourde observée depuis fin 2025. En effet, les agressions violentes contre les détenteurs de cryptomonnaies ont explosé de 75 % en un an.
Les autorités soupçonnent que des fuites de données massives, notamment celles ayant touché des prestataires de services fiscaux comme Waltio ou des plateformes d’échange, servent désormais de base de prospection pour le grand banditisme. La France se positionne désormais en tête des pays européens les plus touchés par ce phénomène de mexicanisation de la criminalité financière. Ce qui pousse les experts à recommander l’usage systématique de délais de retrait non contournables pour décourager de futures tentatives d’extorsion immédiate.

