- Plus de 700 millions d’euros ont été détournés et blanchis à travers ce système transnational, selon Europol.
- Au-delà des arrestations, les autorités ont réussi à démanteler l’écosystème marketing du réseau, une étape stratégique pour empêcher sa reformation.
Les autorités européennes ont démantelé une organisation d’escroquerie crypto d’Europe. Après plusieurs mois d’enquête, une série d’opérations fin novembre a permis d’arrêter plusieurs membres clés. Les autorités légales ont saisi des millions d’euros d’actifs et ont démantelé l’infrastructure marketing qui alimentait ces fraudes.
Une fraude crypto industrialisée : fausses plateformes, deepfakes et centres d’appels
L’enquête a révélé un réseau qui dépassait largement le cadre de la fraude traditionnelle. Les criminels opéraient un véritable écosystème industriel. Ils se servaient de fausses plateformes de trading crypto soigneusement mises en scène et de publicités en ligne exploitant des deepfakes de personnalités publiques. Les criminels ont aussi des centres d’appels dédiés au démarchage et à la manipulation psychologique des victimes.
Le mode opératoire suivait toujours la même logique. Attirés par des rendements fictifs, les investisseurs étaient ensuite sollicités de manière répétée par des opérateurs formés aux techniques de persuasion. Une fois les dépôts effectués, les fonds étaient rapidement dirigés vers des blockchains étrangères et des comptes bancaires. Ce qui rend les flux particulièrement difficiles à suivre. Selon Europol, plus de 700 millions d’euros auraient été détournés et blanchis grâce à cette architecture criminelle.
Les premières opérations menées le 27 octobre à Chypre, en Allemagne et en Espagne ont conduit à neuf arrestations. Elles ont permis aussi la saisie de crypto-actifs, d’espèces, de comptes bancaires et de biens de luxe. Les interventions des 25 et 26 novembre ont ciblé les sociétés d’affiliation et de publicité. Elles alimentaient l’arnaque en prospects grâce à des campagnes massivement diffusées sur les réseaux sociaux.
C’est la deuxième opération de démantèlement d’Europol cette fin d’année. L’agence avait déjà arrêté une plateforme (Cryptomixer) qui blanchit de l’argent en crypto
Une offensive européenne coordonnée pour briser toute la chaîne criminelle
Ce coup de filet a mobilisé une dizaine de pays, avec le soutien opérationnel d’Europol et d’Eurojust. Des analystes crypto, des équipes techniques et des spécialistes du renseignement ont été déployés pour cartographier les flux financiers. Ils ont démantelé les infrastructures numériques et coordonné les interventions.
Au-delà des arrestations, la neutralisation de l’écosystème marketing représente un tournant majeur : sans cette chaîne d’acquisition, les réseaux frauduleux peinent à recruter de nouvelles victimes.
Cette opération confirme une tendance inquiétante : les escroqueries crypto ne sont plus de simples initiatives opportunistes. Ce sont maintenant des structures transnationales organisées comme de véritables entreprises. Pour les autorités, le message est clair : ces organisations seront désormais combattues avec les mêmes moyens que la criminalité financière lourde.

