- Une alerte donnée par une gardienne d’immeuble vigilante le 19 janvier a permis d’interpeller quatre individus en préparation criminelle dans le XVIe.
- L’équipement saisi et les messages téléphoniques révèlent un plan organisé pour extorquer des actifs numériques par la violence à Paris.
Le 19 janvier 2026, vers 5h20, une tentative de séquestration visant un couple de professionnels des actifs numériques a été évitée de justesse. L’intervention des forces de l’ordre a été déclenchée par la vigilance d’une gardienne d’immeuble du boulevard Flandrin. Cela met en lumière la menace persistante qui pèse sur les acteurs de la finance décentralisée en France malgré les mesures du gouvernement.
Une interpellation en flagrant délit de préparation
L’intrigue commence lorsqu’une Peugeot 208, signalée volée, est repérée en train de rôder de manière suspecte. À l’arrivée de la police, deux individus sont interpellés à l’intérieur du véhicule tandis que deux complices sont débusqués dans la cour de l’immeuble. La perquisition de la voiture a permis de découvrir un arsenal caractéristique des méthodes de « saucissonnage » : ruban adhésif, couteaux, gants et cagoules.
Malgré les dénégations des suspects, qui ont tenté de justifier leur présence par une sortie festive liée à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), les preuves numériques les accablent. L’analyse de leurs téléphones a révélé des échanges explicites sur le ciblage des victimes et des tentatives d’acquisition d’armes à feu. Ces éléments confirment la préméditation d’une opération violente visant à soutirer des clés privées et des codes de portefeuilles numériques.
Des profils de récidivistes impliqués dans les attaques physiques contre les détenteurs de cryptos
Le groupe, composé de trois majeurs et d’un mineur, présente un passif judiciaire inquiétant. Originaires de Stains et Garges-lès-Gonesse, les trois adultes sont des multirécidivistes déjà condamnés pour vols et violences. À l’issue de leur comparution, ils ont été placés en détention provisoire. Leur procès est désormais fixé au 1er avril 2026, le tribunal ayant jugé l’affaire trop complexe pour une comparution immédiate.
L’une des explications majeures de cette explosion criminelle réside dans l’accès facilité aux coordonnées des investisseurs. Les experts pointent du doigt la compromission de base de données, parfois via des agents corrompus ou des piratages de plateformes. La mise en œuvre de la DAC8, qui impose une transparence fiscale sur les actifs numériques, est perçue par certains comme une cible involontaire placée dans le dos des investisseurs si la sécurité des données n’est pas absolue.
Cette affaire illustre l’escalade de la violence contre les investisseurs crypto, illustrée récemment par le vol de 8 millions d’euros à Dompierre-sur-Mer ou l’enlèvement de retraités en Haute-Savoie. Face à cette chasse aux portefeuilles physique, les autorités renforcent la coopération entre les unités cyber et le Parquet national anti-criminalité organisée (PNACO). Le cas du boulevard Flandrin rappelle que la réactivité des témoins et l’inscription sur les listes de surveillance prioritaire du 17 restent des remparts essentiels contre cette criminalité opportuniste et brutale.

