- En Italie, toute recommandation d’achat ou de vente sur les réseaux sociaux peut désormais être requalifiée en « conseil en investissement réglementé » par les autorités européennes.
- Au début de l’année 2026, la CONSOB a déjà ordonné le blocage de 2 270 domaines web illégaux proposant des services financiers non autorisés.
L’étau se resserre sur les influenceurs financiers en Europe. La Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (CONSOB) a publié une mise en demeure formelle ce mardi à propos des créateurs de contenu promouvant des crypto-actifs. En s’appuyant sur les nouvelles directives de l’ESMA, l’Italie rappelle que la promotion de produits spéculatifs ne peut plus être traitée comme de la publicité classique pour des biens de consommation.
La fin des mentions légales « paratonnerres » sur les réseaux
La CONSOB et l’ESMA ont clarifié un point crucial sur l’utilisation de la mention « ceci n’est pas un conseil en investissement ». En fait, ils signalent que cela ne suffit plus à protéger les influenceurs de poursuites judiciaires. Si le contenu est personnalisé, directif ou incite à des stratégies risquées (comme le trading sur marge ou les CFD), l’influenceur est légalement responsable. Les régulateurs exigent désormais un étiquetage explicite des partenariats rémunérés et une divulgation transparente de tout conflit d’intérêts financier.
Cette sévérité accrue découle de l’entrée en vigueur complète du règlement MiCA et des dispositions sur les abus de marché (MAR). En Italie, la promotion d’actifs numériques par des personnes non agréées est désormais passible d’amendes administratives pouvant atteindre 5 millions d’euros. L’objectif est d’endiguer les promesses de « gain rapide » qui pullulent sur les plateformes comme TikTok et Instagram. Des investisseurs inexpérimentés y subissent souvent des pertes de capital et entraînent leurs abonnés.
Une harmonisation des règles légales en Europe contre l’influence illégale
L’initiative italienne s’inscrit dans une dynamique globale de l’Union européenne. En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a déjà mis en place le « Certificat d’influence responsable » via l’ARPP pour encadrer ces pratiques. L’ESMA cherche à centraliser cette supervision pour éviter que des influenceurs basés dans des juridictions plus souples ne ciblent l’ensemble du marché européen. En 2026, la coopération entre les régulateurs nationaux permet de bloquer les comptes sociaux et les sites miroirs en quelques heures.
Le rappel à l’ordre de la CONSOB marque également la fin de la période transitoire du règlement MiCA. Les prestataires de services sur actifs virtuels (PSAV) qui opéraient sans agrément définitif avaient jusqu’à fin décembre 2025 pour se mettre en conformité. Désormais, tout influenceur collaborant avec une plateforme non enregistrée auprès d’une autorité nationale de l’UE s’expose à des sanctions pénales. Il sera poursuivi pour complicité d’exercice illégal de la profession de banquier ou de conseiller financier.

