- Un policier de 32 ans et son complice reconnus coupables d’escroquerie et de blanchiment pour le lancement d’un jeton frauduleux en 2021.
- Le projet, Burcoin s’est évaporé seulement cinq semaines après sa création, entraînant la disparition totale du site internet et des fonds collectés.
Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son verdict dans l’affaire Burncoin qui avait ébranlé la France en 2021. Il s’agissait d’une fraude aux crypto-actifs orchestrée par un fonctionnaire de police et un expert technique. Les deux hommes ont utilisé des manœuvres frauduleuses pour attirer des capitaux vers un jeton prétendument déflationniste avant d’organiser l’effondrement brutal du projet.
Une mécanique de fraude orchestrée par un fonctionnaire de police
Lancé le 12 avril 2021, le Burncoin était présenté comme un actif innovant dont la valeur devait mécaniquement progresser grâce à un processus de destruction de jetons. L’enquête a établi que l’organisateur principal de cette structure n’était autre qu’un policier marseillais de 32 ans. Ce dernier s’est fait aider d’un complice chargé de la rédaction du whitepaper et du développement du site internet. Ensemble, ils ont promu le jeton auprès d’investisseurs particuliers en leur promettant des rendements élevés.
La supercherie a pris fin brutalement le 20 mai 2021, seulement plus 1 mois après le lancement. Le site internet et toutes les communications liées au projet ont cessé de fonctionner simultanément. Les investigations techniques ont révélé que les fonds avaient été transférés à travers une série de portefeuilles numériques complexes pour masquer leur origine et leur destination finale.
Cette technique de blanchiment visait à opacifier la sortie des capitaux vers les comptes personnels des deux prévenus, laissant les détenteurs de Burncoin avec des actifs sans aucune valeur marchande.
Les sanctions pénales tombent 5 ans après avec une interdiction définitive d’exercer
Le jugement rendu le lundi se veut exemplaire, notamment en raison de la qualité de fonctionnaire du principal prévenu. La Cour a condamné le policier à 18 mois de prison avec sursis et à une amende de 20 000 euros. Il a, en outre, prononcé à son encontre une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique, mettant un terme à sa carrière au sein de la police nationale. Son complice a, de son côté, écopé de 12 mois de prison avec sursis probatoire et d’une amende de 15 000 euros.
Cette affaire illustre la vigilance accrue des parquets français face aux escroqueries de type rug pull, où les fondateurs retirent brusquement la liquidité d’un projet. Elle rappelle également les risques liés à l’investissement dans des jetons dont l’identité des promoteurs n’est pas vérifiée par des autorités de régulation. Le tribunal a souligné que la crédibilité apparente conférée par le statut professionnel de l’organisateur avait joué un rôle déterminant dans la confiance accordée par les victimes. Cela avait aggravé la responsabilité morale des condamnés dans ce dossier de blanchiment.

