- Trois individus armés ont séquestré une femme à Manosque pour extorquer les cryptomonnaies de son conjoint.
- Le parquet a ouvert une information judiciaire pour vol en bande organisée, la sécurité devenant un enjeu pour le nouveau PNACO.
La criminalité liée aux actifs numériques ne cesse de croître en France. Le lundi 5 janvier 2026, une femme a été victime d’une agression brutale à son domicile de Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Trois individus armés et cagoulés ont fait irruption chez elle avec un objectif précis. Ils voulaient extorquer les codes d’accès aux portefeuilles numériques de son compagnon, absent lors des faits.
Une nouvelle agression préméditée après celle de La Rochelle
Les faits se sont déroulés en fin de soirée, lorsque le commando s’est introduit de force dans le logement. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime a été immédiatement neutralisée et attachée par ses agresseurs. Durant la séquestration, elle a subi des violences physiques, notamment des gifles, et a été menacée avec une arme de poing.
Les malfaiteurs cherchaient désespérément à obtenir les clés privées et les mots de passe des comptes crypto du foyer. Cela montre que l’attaque n’était pas un simple cambriolage opportuniste, mais une opération ciblée comme le cas de La Rochelle. En effet, un investisseur et sa femme y avaient été séquestrés par des individus lourdement armés. Ces derniers étaient repartis avec un butin colossal de 10 millions de dollars en actifs numériques.
Cette affaire, désormais traitée sous la qualification de « vol avec arme en bande organisée », souligne une tendance inquiétante. Dorénavant, les criminels ne s’attaquent plus seulement aux systèmes informatiques, mais aux individus eux-mêmes. En l’absence de l’investisseur principal, les agresseurs n’hésitent plus à prendre ses proches en otage pour faire pression, comme le cas du père d’un investisseur crypto basé à Dubaï.
Pour les autorités locales, ce mode opératoire témoigne d’une préparation minutieuse. Baptisé « home-jacking crypto », il s’est répété à plusieurs reprises en Île-de-France et dans le Sud. Ces attaques à domiciles et les rapts impliquent souvent une surveillance préalable des cibles sur les réseaux sociaux ou via des fuites de données confidentielles.
La sécurité physique : le nouveau défi des détenteurs de crypto
Dès son lancement, le nouveau Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) a fait des « cryptorapts » une priorité. Cette décision s’explique par l’envolée des actifs numériques début 2026. Les réseaux criminels sont attirés par des fonds transférables instantanément. Ces actifs sont aussi particulièrement difficiles à tracer.
Contrairement à un virement bancaire, un transfert crypto est irréversible. Cette caractéristique technique change la donne pour les malfaiteurs. Ils n’hésitent plus à utiliser la terreur physique pour forcer la transaction. La violence devient alors un outil pour obtenir des gains immédiats et définitifs.
Pour les investisseurs français, cet événement est un signal d’alarme. La discrétion devient une règle de survie absolue. Il ne suffit plus de protéger ses codes ; il faut sécuriser son environnement. Plusieurs outils techniques permettent de limiter les risques en cas d’agression à domicile.
L’usage d’une passphrase d’urgence (duress wallet) est une solution efficace. Elle permet d’ouvrir un compte contenant peu de fonds face à l’agresseur. La mise en place de multi-signatures est également recommandée. Ce système implique des tiers éloignés géographiquement pour valider tout mouvement de fonds. Alors que les agresseurs de Manosque sont toujours en fuite, la vigilance doit être totale. La sécurité des clés privées est désormais indissociable de la sécurité du domicile.

