- Emmanuel Macron renonce à l’option des droits de douane contre la Chine et privilégie une approche coopérative.
- Le président français identifie le développement de stablecoins en euros comme un levier potentiel pour renforcer le rôle international de l’euro face à la domination du dollar.
Le président français, face aux déséquilibres commerciaux entre l’UE et la Chine, avait évoqué la possibilité d’instaurer des droits de douane. Mais, après son passage en Chine et réflexion sur les instruments monétaires européens, Macron privilégie désormais une approche coopérative. En effet, avec la domination de l’USD dans le commerce international, il voit les stablecoins européens comme potentiel levier pour renforcer le rôle de l’euro face au dollar.
Macron préfère coopérer avec la Chine plutôt que de recourir à des taxes sur les produits importés
Dans une tribune du Financial Times, Emmanuel Macron estime que les droits de douane sur les importations chinoises était une réponse non coopérative aux déséquilibres commerciaux. Il reconnaît que ces déséquilibres résultent d’une politique chinoise axée sur les exportations. Aussi, il évoque comme cause, des faiblesses structurelles européennes, notamment en matière de productivité.
En effet, le surplus commercial de la Chine vis-à-vis de l’UE a presque doublé en une décennie, atteignant 300 milliards d’euros. Pour y répondre, le président français plaide en faveur d’un renforcement du marché intérieur européen.
Il propose une meilleure mobilisation de l’épargne et des investissements accrus dans l’innovation et les secteurs stratégiques. L’objectif affiché est de corriger les déséquilibres sans entrer dans une escalade commerciale susceptible d’affecter la stabilité économique.
Les stablecoins peuvent-ils devenir un levier pour renforcer la position monétaire européenne ?
Dans ce cadre, Emmanuel Macron évoque explicitement le développement de stablecoins en euros pour renforcer le rôle international de la monnaie européenne.
Il affirme : L’Europe devrait également chercher à renforcer le rôle international de l’euro via le développement de stablecoins en euros et l’introduction d’un euro numérique.
Cette prise de position traduit une reconnaissance politique du rôle croissant des infrastructures numériques dans les rapports de force monétaires mondiaux, largement dominés aujourd’hui par le dollar américain.
Les stablecoins adossés au dollar constituent déjà un pilier des paiements numériques et des règlements internationaux. Ce qui renforce l’influence des États-Unis à travers des infrastructures financières largement extraterritoriales.
En comparaison, l’euro souffre d’une sous-représentation dans ces nouveaux rails de paiement. Les stablecoins en euros pourraient ainsi offrir une alternative opérationnelle pour les échanges transfrontaliers, en complément des systèmes bancaires traditionnels.
Cette approche se distingue de celle de l’euro numérique, dont le lancement n’est pas attendu avant plusieurs années. Contrairement à une monnaie numérique de banque centrale, les stablecoins privés sont déjà déployés, liquides et utilisés par les acteurs de marché. Leur intégration dans une stratégie européenne pose toutefois des enjeux de gouvernance, de régulation et de souveraineté, dans un cadre désormais structuré par le règlement MiCA.
Pour l’écosystème crypto européen, cette orientation constitue moins un signal spéculatif qu’un indicateur stratégique. La question des stablecoins s’inscrit dorénavant au cœur des débats sur la compétitivité et l’autonomie financière. On se pose tous la question de savoir quelle est la place de l’euro dans un système monétaire mondial en recomposition.

