- Un détenu de la prison de Corbas affirme avoir perdu un million de dollars en Bitcoin après la saisie de son téléphone portable.
- La justice a ouvert une information judiciaire spécifique et procédé à des mises en examen pour identifier les responsables de ce détournement.
L’affaire a été révélée par le quotidien Le Progrès. Un homme de 29 ans, incarcéré à Corbas pour trafic de stupéfiant, affirme s’être fait déposséder d’une fortune en cryptomonnaies durant sa détention provisoire. Selon ses déclarations, le vol aurait eu lieu après que l’administration pénitentiaire a saisi son téléphone portable. Le GSM contenait les clés d’accès à son portefeuille numérique.
Un million de dollars volatilisé après une saisie administrative
Le détenu, impliqué dans un réseau international de drogue, assure que son téléphone a été confisqué en cellule le 1er janvier 2022. Cet appareil contenait la « seed phrase« , l’unique code permettant d’accéder à un portefeuille. Ce wallet, d’après ses dires, contenant près d’un million de dollars en Bitcoin. Peu de temps après cette saisie par les gardiens, les fonds auraient été transférés vers une autre adresse. Le prisonnier est donc en incapacité de récupérer son capital.
Pour sa défense, l’homme soutient que ces fonds n’ont aucun lien avec ses activités illicites. Il déclare qu’ils proviendraient d’investissements personnels légitimes dans les cryptomonnaies. Le détenu a déposé plainte dès février 2022, pointant du doigt la responsabilité de l’administration pénitentiaire dans la gestion de ses biens saisis.
Cette situation place les autorités dans une position délicate. Elle soulève des questions sur la sécurité des objets placés sous scellés. Mais, plus encore, elle relève un souci d’intégrité de la chaîne de surveillance au sein de l’établissement.
Une information judiciaire a été ouverte et des mises en examen en cours
Le parquet a confirmé qu’une enquête judiciaire distincte de l’affaire de stupéfiants a été ouverte pour faire la lumière sur ce vol de Bitcoins. Des mises en examen auraient déjà été prononcées dans ce dossier. Mais, les détails sur l’identité des suspects restent confidentiels. Le prévenu s’est étonné lors de son procès que l’administration pénitentiaire ne soit pas plus directement mise en cause. Il qualifie les circonstances de la disparition de ses fonds de particulièrement « bizarres ».
Cette affaire illustre parfaitement les risques liés au stockage de clés de sécurité sur des appareils mobiles. Et ce, surtout en milieu carcéral où la possession de téléphones est interdite et sujette à des saisies imprévisibles.
Si le Bitcoin permet une liberté financière, il impose aussi une responsabilité totale. Une simple phrase de récupération notée dans un téléphone peut suffire à vider un compte si l’appareil tombe entre de mauvaises mains. L’enquête devra désormais prouver si l’accès aux fonds a été rendu possible par une faille de sécurité interne. Ou, si elle n’a été possible qu’avec l’intervention d’un tiers extérieur au courant de la fortune du détenu.

