- IBIT, l’ETF Bitcoin de BlackRock, a subi plus de 2,7 milliards de dollars de sorties en cinq semaines.
- IBIT enregistre une série record de six semaines consécutives de décollecte, signal d’un appétit institutionnel en recul.
Le plus gros fonds négocié en bourse adossé au Bitcoin traverse une zone de turbulences prolongée. Depuis octobre, la cryptomonnaie a décroché de ses sommets historiques. D’ailleurs, l’iShares Bitcoin Trust (IBIT), produit vedette de BlackRock lancé en janvier 2024, enchaîne désormais les semaines de retraits. Plus de 2,7 milliards de dollars ont quitté le fonds en quelques semaines. C’est la plus longue séquence de sorties depuis sa création.
L’IBIT subit actuellement une hémorragie de capitaux inédite
Après avoir frôlé les 126 000 dollars le 6 octobre, le Bitcoin a glissé vers la zone des 90 000 dollars, où il évolue sans direction claire. Cette faiblesse se reflète directement dans les flux d’IBIT? En effet, sur les cinq semaines qui ont précédé le 28 novembre, l’ETF Bitcoin de BlackRock a perdu plus de 2,7 milliards de dollars. Il y a eu plus de 100 millions sortis sur la seule journée du 4 décembre.

Résultat : IBIT s’oriente vers une sixième semaine consécutive de décollecte, un record depuis son lancement. Novembre est déjà présenté comme son pire mois, avec environ 2,2 milliards de dollars de sorties, soit près de huit fois les pertes d’octobre. Et cela alors que l’encours total du produit reste colossal, autour de 71 milliards de dollars.
Le contraste est frappant avec certains concurrents. Le Fonds Bitcoin de Fidelity, deuxième grand ETF Bitcoin spot du marché américain, a, lui aussi, connu des sorties importantes. Il y en a eu approximativement 534 millions de dollars sur la même période, avec des entrées nettes sur les deux dernières semaines, pour 270 millions de dollars.
Qu’est-ce que ces retraits disent (peut-être) du cycle Bitcoin actuel ?
Pour les analystes de Bloomberg, cette séquence marque un changement de régime. On passe d’un environnement d’entrées régulières soutenant les prix à une phase de refroidissement des allocation. Même les investisseurs réputés plus “patients” commencent à réduire leur exposition. En effet, cela veut traduire le fait que l’appétit institutionnel pour le Bitcoin reste fragile, même lorsque le prix cesse de baisser.
Sur le plan macro, le signal est tout aussi déroutant. À environ 89 500 dollars, le BTC affiche une performance négative d’environ 8,5 % depuis le début de l’année. Dans le même temps, le S&P 500 progresse d’approximativement 16 %. C’est la première fois depuis 2014 que les actions américaines s’envolent tandis que le Bitcoin recule sur la même période. De plus, les valeurs liées à l’IA flambent, l’or flirte avec ses plus hauts, et la corrélation historique du BTC avec les actifs “risqués” semble s’être évaporée.
La promesse d’un “boom Trump” pour les cryptos n’a pas non plus tenu ses promesses. En effet, les tokens lancés autour de sa personne se sont effondrés après un pic spéculatif. Cela a alimenté les critiques de figures comme Anthony Scaramucci sur l’image renvoyée par ce type d’initiatives au secteur dans son ensemble.
Reste une inconnue majeure : ces ventes massives sur l’ETF de BlackRock sont-elles un simple épisode de prise de bénéfices après l’envolée de début 2024. Ou alors, c’est l’avant-goût d’une année 2026 plus difficile pour le “Bitcoin institutionnel” ?
Pour l’instant, le marché semble avoir choisi la prudence avec le BTC qui a progressé de 0,73 % pour atteindre 89 657 $ au cours des dernières 24 heures. On observe un flux entrant dans les ETF, environ 54,8 millions de dollars, une reprise de la demande institutionnelle malgré les sorties de capitaux de BlackRock.

