- Éric Larchevêque refuse la revente en euros, du Bitcoin le considérant comme une monnaie à dépenser et non comme un produit financier à liquider.
- Le Bitcoin est défini comme un actif final régi par le code, contrairement aux monnaies fiat qui ne sont que des promesses de dette.
L’approche d’Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, repose sur une déconstruction radicale de notre rapport au Bitcoin. Pour lui, la question « Pourquoi ne vendez-vous jamais vos bitcoins ? » est révélatrice d’une incompréhension profonde. En répondant par « Vendez-vous vos euros ? », il replace le Bitcoin dans sa fonction primaire une monnaie supérieure que l’on dépense directement pour ses besoins.
Le Bitcoin comme protection absolue contre la dilution de l’épargne fiduciaire
L’euro et le dollar sont des monnaies créées à volonté par les banques centrales, ce qui entraîne une dilution inévitable de la valeur de l’épargne. À l’inverse, le Bitcoin est régi par un protocole mathématique limitant son offre à 21 millions d’unités. Cette rareté programmée permet de passer d’une logique d’investissement à une logique de préservation. Détenir du Bitcoin n’est pas une tentative de devenir riche, mais une stratégie pour ne pas s’appauvrir. Pour les épargnants français, cela signifie que le Bitcoin agit comme un bouclier contre l’inflation structurelle du système fiat. Il offre une stabilité que les devises politiques ne peuvent plus garantir.
Quand on me pose la question "Pourquoi vous ne vendez jamais vos bitcoins ?", je réponds toujours par une autre question : "Vous vendez vos euros ?". Non. Vous les dépensez !
J’ai la même approche avec le Bitcoin: je ne les vends pas, je les dépense. Et ceci quand j’ai besoin… pic.twitter.com/LcN2HxHbKS
— Eric Larchevêque (@EricLarch) March 10, 2026
En dépensant ses bitcoins plutôt qu’en les vendant, l’utilisateur valide l’idée que le Bitcoin est l’aboutissement du système monétaire. Il n’est plus nécessaire de revenir vers l’euro pour acquérir des biens ou des services ; le Bitcoin devient l’étalon de valeur. Cette vision transforme la cryptomonnaie en une réserve de valeur utilisable à tout moment. Elle supprime l’étape coûteuse et risquée de la conversion. Alors, si le Bitcoin protège mieux votre pouvoir d’achat que l’euro, pourquoi échanger le premier contre le second, si ce n’est pour un besoin de consommation immédiat ?
La fin de la dépendance bancaire : passer de la créance à l’actif final
L’analyse de Larchevêque oppose deux concepts juridiques et financiers majeurs : la créance et l’actif final. Lorsque vous détenez des euros sur un compte bancaire, vous ne possédez pas de la monnaie, mais une créance sur votre banque. Alors, vous dépendez de sa solvabilité et de son bon vouloir pour accéder à vos fonds. Le Bitcoin, en revanche, est un actif final. Grâce aux clés privées, l’individu possède la valeur de manière directe et inaliénable. Cette souveraineté personnelle rend à l’individu ce que le système fiduciaire lui avait confisqué : le contrôle total et sans intermédiaire de son patrimoine.
Pour le public français, ce message est une invitation à reprendre la main sur sa souveraineté financière. Le Bitcoin n’est pas un accessoire de la finance traditionnelle, il est son remplaçant. En le considérant comme un aboutissement, Larchevêque souligne que nous passons d’une monnaie qui appartient au système à une monnaie qui appartient à l’individu. Dans ce contexte, vendre ses bitcoins pour récupérer des euros revient à échanger une propriété réelle contre une promesse de dette.

