- Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, demande d’accélérer le développement de l’euro numérique pour réduire la dépendance de l’UE envers Visa et Mastercard.
- Lors de son allocution à l’AmCham de Francfort ce 16 février 2026, Nagel a également soutenu l’essor des stablecoins en euros, compétitifs face au dollar numérique.
Joachim Nagel, président de la Banque fédérale d’Allemagne, a profité d’une tribune à Francfort pour sonner l’alarme sur l’érosion de la souveraineté financière de l’Union. Face à la domination écrasante des infrastructures de paiement transatlantiques, le patron de la Bundesbank exhorte l’Eurosystème à ne pas se contenter d’une phase préparatoire passive. Il souhaite quelle pose très vite le sjalons de la monnaie numérique de banque centrale (MNBC) cette année 2026.
L’euro numérique comme rempart contre l’influence américaine
L’enjeu n’est pas seulement technologique, il est géopolitique. Selon Joachim Nagel, si l’Europe ne propose pas sa propre alternative numérique, elle restera tributaire des standards imposés par les géants américains du paiement. Le projet d’euro numérique, dont le lancement généralisé est désormais envisagé pour 2029, devrait offrir une solution simple, sûre et exclusivement basée sur des infrastructures européennes. Cette accélération vise à garantir que les paiements quotidiens des citoyens restent protégés par le cadre réglementaire de l’UE. Dans le même temps, ellestimuleront la concurrence face aux frais souvent élevés des réseaux de cartes traditionnels.
Joachim Nagel tend une main inédite vers les stablecoins privés
Plus surprenant pour un banquier central, Joachim Nagel a exprimé un soutien explicite aux stablecoins libellés en euros. Actuellement, ces actifs ne représentent qu’une fraction infime (0,29 %) du marché mondial, largement dominé par des stablecoins adossés au dollar comme l’USDT ou l’USDC. Pour la Bundesbank, ce déséquilibre menace directement l’efficacité de la politique monétaire européenne.
Nagel encourage le développement de stablecoins euro compétitifs pour offrir aux entreprises des outils de paiement programmables à faible coût pour leurs transactions transfrontalières. Et ce, même avant le déploiement complet de la MNBC de détail. Cette position marque une rupture avec la méfiance historique de l’institution envers les actifs privés. Elle s’inscrit dans un calendrier législatif tendu.
En effet, le Parlement européen doit se prononcer par un premier vote sur l’euro numérique en mai 2026. Pour Joachim Nagel, l’Europe ne peut plus se permettre d’attendre. L’autonomie monétaire de la zone euro passera par une intégration réussie de la blockchain. Elle alliera ainsi la stabilité de la banque centrale à l’innovation des émetteurs privés de monnaie électronique.

