- Le ministère de l’Intérieur et la Police nationale multiplient les alertes pour inciter les investisseurs à la discrétion absolue sur leurs avoirs numériques.
- La France est devenue l’un des pays les plus exposés aux agressions physiques visant l’extorsion de clés privées ou de phrases de récupération.
L’escalade de la violence contre les détenteurs de crypto-actifs en France pousse les institutions de sécurité à une communication de crise. Les agressions physiques pour vol de cryptomonnaies ont bondi de 75 % en un an, cela représente 27% de cas recensés dans le monde. Alors, le Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI) a publié de nouvelles directives de protection.
La discrétion érigée en rempart contre la criminalité
Les forces de l’ordre soulignent que l’exposition médiatique et numérique constitue le principal vecteur de risque pour les particuliers. Ils recommandent formellement d’éviter toute publication de captures d’écran de portefeuilles ou de gains sur les réseaux sociaux. Ces éléments servant de base de repérage aux organisations criminelles. La commissaire de police Agathe Foucault a rappelé ce 4 février que la discrétion est désormais une composante essentielle de la sécurité, au même titre que le chiffrement des données.
Cette mise en garde intervient alors que les criminels exploitent des fuites de données massives pour cibler des profils présentant des signes extérieurs de richesse. D’ailleurs, des profils comme Eric Larchevêque dans un message, s’exilent de la France. Le ministère conseille ainsi de ne pas afficher un niveau de vie ostentatoire lié aux performances du marché. Cela, afin de ne pas susciter la convoitise de réseaux de plus en plus structurés.
La prévention passe désormais par une réduction volontaire de l’empreinte numérique. Elle passe aussi par un cloisonnement strict des informations relatives au patrimoine financier.
Des mesures techniques pour ralentir les agresseurs
Au-delà de la posture comportementale, les services de police préconisent l’adoption de dispositifs techniques retardateurs. L’utilisation de portefeuilles de diversion, contenant des sommes mineures, est suggérée. Elle aidera à faire face à une menace immédiate sans sacrifier l’intégralité de son capital. De même, les architectures multi-signatures sont encouragées pour les comptes à fort volume. Elles empêchent une personne seule de transférer des fonds sous la contrainte immédiate.
Par ailleurs, les autorités insistent également sur la séparation physique des éléments de sécurité. Il est recommandé de stocker les phrases de récupération dans des lieux distincts du matériel de stockage ou des dispositifs de connexion habituels.
Ces mesures, couplées à l’activation de délais de déblocage sur les plateformes d’échange, visent à rendre l’extorsion plus complexe et moins rentable pour les agresseurs. En cas de comportement suspect ou de repérage, le ministère de l’Intérieur appelle les citoyens à contacter immédiatement les services de police via le 17.

