- Les autorités françaises créent un groupe pour identifier des projets concrets (fonds tokenisés, stablecoins) et éviter un déclassement face aux initiatives américaines.
- Ce comité doit accompagner l’arrivée d’une Monnaie Numérique de Banque Centrale de gros à l’automne 2026, avec un rapport technique attendu dès cet été.
Sous l’impulsion de l’AMF, de la Banque de France et de la direction générale du Trésor, la France formalise la création d’un groupe dédié à l’innovation et à la tokenisation de la finance. Ce comité de haut niveau, réunit les poids lourds du secteur comme BNP Paribas, Société Générale, Amundi, Euroclear. Il a pour mission de transformer l’essai technologique de la blockchain en une réalité industrielle pour la place de Paris.
La France lance un plan d’action centré sur l’interopérabilité et les instruments financiers
Le groupe stratégique créé est piloté par Denis Beau de la Banque de France), Christophe Bories du Trésor et Sébastien Raspillerde l’AMF. Il se concentre sur quatre chantiers prioritaires pour moderniser le financement de l’économie. Parmi eux, la tokenisation des instruments financiers débute par un segment spécifique : le marché des titres de créances négociables à court terme (NEU-CP). L’objectif est de fluidifier ces échanges grâce à la technologie des registres distribués (DLT). En même temps, le groupe veut parallèlement développer des fonds tokenisés et des actifs de règlement privés, tels que des dépôts tokenisés et des stablecoins régulés.
Cette initiative française répond à une urgence concurrentielle venant des 2tas-Unis. L’Amérique, sous l’égide de Paul Atkins à la SEC, a déjà programmé une tokenisation massive de leurs marchés d’ici deux ans. Alors, l’Europe ne peut se permettre une adoption trop lente. Le groupe devra ainsi identifier les risques que ferait peser un retard technologique sur la compétitivité européenne et sur la souveraineté monétaire de l’Union. Les travaux visent au final à créer une infrastructure robuste où les actifs numériques privés pourront s’articuler nativement avec les systèmes de règlement institutionnels.
L’euro numérique de gros en ligne de mire pour l’automne 2026
L’agenda de ce groupe stratégique est étroitement lié au calendrier de l’Eurosystème. L’un des enjeux majeurs est d’accompagner la mise à disposition, prévue pour l’automne 2026, d’une monnaie numérique de banque centrale interbancaire dite de « gros ». Cet outil sera le pivot central permettant de régler des transactions d’actifs tokenisés en monnaie centrale. Il garantira ainsi une sécurité maximale pour les transactions institutionnelles 24h/24 et 7j/7. Ce projet s’inscrit pleinement dans l’agenda de l’Union de l’épargne et de l’investissement porté par Bruxelles.
En attendant le rapport final prévu pour l’été 2026, le groupe contribuera également aux réflexions franco-allemandes sur la finance tokenisée. Pour les acteurs français du Web3 et de la finance traditionnelle, cette structure de place offre un cadre de dialogue inédit pour lever les verrous techniques et réglementaires. La France ambitionne ainsi de devenir le laboratoire européen de la finance décentralisée régulée. Elle veut transformer la blockchain d’une curiosité technologique en un levier de financement performant pour l’économie réelle.

