- Une fuite de données massive survenue cet automne permet à des criminels de localiser physiquement des investisseurs crypto, anonymes à leur domicile.
- Le Parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) s’est saisi de plusieurs dossiers de séquestrations violentes.
La France fait face à une recrudescence alarmante d’attaques physiques visant les détenteurs de cryptomonnaies. Depuis décembre, une série de homejackings et d’enlèvements a été recensée par les autorités à travers le territoire avec des modes opératoires similaires. Ces agressions ne visent plus seulement des figures publiques du secteur, mais des investisseurs anonymes dont les coordonnées ont été exposées lors d’une fuite de données massive.
Un piratage de données à l’origine d’une vague de séquestrations
Cette hausse de la criminalité violente peut venir du piratage d’une application dédiée aux actifs numériques l’automne passé. Les informations dérobées ont permis à des groupes criminels de constituer des listes de cibles incluant noms et adresses physiques. Ce ne sont plus seulement les figures publiques du secteur visées, mais des particuliers dont le patrimoine numérique a été exposé à leur insu.
Les interventions récentes de la police et de la gendarmerie révèlent des scènes de violence extrême. À Dompierre-sur-Mer, un couple a été délesté de 8 millions d’euros sous la menace. À Sallanches, des septuagénaires ont été enlevés pour faire chanter leur fils. Ces actes de « torture pour code crypto » se multiplient à Manosque ou près du Mans, poussant le Parquet national anti-criminalité organisée à coordonner les enquêtes pour identifier les ramifications entre ces différents dossiers.
Les autorités renforcent la protection des cibles potentielles et œuvrent pour arrêter les malfaiteurs
Face à cette menace hybride, mêlant cybercriminalité et grand banditisme, la police et la gendarmerie nationale ont défini une stratégie de réponse commune. Les unités spécialisées comme l’OFAC et l’UNC travaillent désormais de concert avec les services de police judiciaire pour remonter les filières de commanditaires.
Afin de prévenir de nouveaux drames, les autorités appellent les investisseurs à la plus grande vigilance. Une mesure de sécurité spécifique permet dorénavant aux détenteurs de se signaler auprès de leur commissariat ou gendarmerie pour être inscrits sur une liste prioritaire. En cas d’appel au 17, leur signalement déclenche une intervention immédiate et renforcée.
Parallèlement, le parquet du Mans a requis un procès aux assises contre six individus impliqués dans une affaire de séquestration pour une rançon de 1,7 million d’euros. Le dossier, remontait à août 2023. Les ravisseurs avaient enlevé un homme pour exiger la rançon auprès de son fils, un influenceur spécialisé dans le domaine.

