- Do Kwon risque 12 ans de prison pour l’effondrement de Terra/Luna, tandis que sa défense réclame seulement cinq ans.
- Les procureurs invoquent une fraude massive à 40 milliards de dollars et des tentatives de fuite pour justifier cette peine.
Do Kwon, fondateur de Terraform Labs pourrait se voir infliger une peine de 12 ans de prison par les autorités américaines. La défense demandait cinq ans dans l’affaire d’effondrement de Terra/Luna. Elle mettait en exergue les conditions de détention difficiles et les responsabilités externes dans le crash.
Pourquoi 12 ans sont requis contre Do Kwon dans l’affaire Terraform Labs ?
L’affaire Terra/Luna dépasse largement le cadre individuel de Do Kwon. C’est devenu l’une des fraudes crypto les plus colossales de l’histoire. L’UST, stablecoin algorithmique censé maintenir une parité avec le dollar grâce au token LUNA, s’est écroulé lorsque la confiance des investisseurs a disparu.
En termes de chiffres, il y a eu plus de 40 milliards de dollars de pertes directes. On dénombre des milliers de victimes et précipitant une crise de liquidité majeure dans tout le secteur en 2022.
Selon eux, Do Kwon a sciemment dissimulé l’instabilité du stablecoin algorithmique UST. Il l’a faussement présenté comme « mathématiquement impossible » à désancrer. Le parquet insiste aussi sur sa responsabilité directe dans la promotion de rendements artificiels via Anchor.
Ce protocole qui promettait un rendement fixe proche de 20 %, reposait sur des mécanismes artificiels et non sur une activité économique réelle. Les juges américaines citent enfin son comportement : mensonges, manque de coopération et tentative de fuite avec de faux passeports. Autant d’éléments qui, selon eux, justifient une peine exemplaire de 12 ans.
Ce qui attend Do Kwon du verdict du 11 décembre et les conséquences potentielles
La sentence de Do Kwon sera prononcée le 11 décembre par le juge Paul Engelmayer. Au-delà de cette peine, le fondateur de Terraform Labs reste exposé à plusieurs procédures parallèles :
- actions civiles de la SEC et
- éventuelle extradition vers la Corée du Sud, où il encourt jusqu’à 40 ans de prison.
Quoi qu’il advienne, l’ère Terra touche à sa fin, laissant derrière elle un écosystème crypto devenu plus prudent face aux promesses de rendements irréalistes.
La défense continue de proposer une lecture radicalement différente de la situation. Ses avocats estiment qu’une peine maximale de cinq ans serait « plus que suffisante ». Ils invoquent trois années déjà passées en détention.
En effet, Do Kwon avait purgé une partie de ces trois ans dans des conditions qualifiées de « brutales » au Monténégro. En plus, il lui a été confisqué volontairement de plus de 19 millions de dollars. Son équipe soutient également que l’effondrement de Terra ne peut être attribué uniquement à sa conception.
Selon certaines analyses universitaires citées par la défense, des attaques coordonnées sur le marché auraient accéléré la chute du stablecoin UST. Enfin, les avocats rappellent que leur client fait aussi face à un risque judiciaire massif en Corée du Sud. Cela pourrait, selon eux, être pris en compte dans la détermination de sa peine.

