- La Cour des comptes française souhaite un recensement fiscal des portefeuilles crypto auto-hébergés dépassant un certain seuil de valeur.
- Cette mesure ouvrirait la voie à une taxation du patrimoine crypto, même sans vente en euros.
En France, les portefeuilles crypto auto-hébergés pourraient bientôt entrer dans le radar de l’administration fiscale. Dans un rapport publié le 4 décembre 2025, le Conseil des Prélèvements Obligatoires recommande d’imposer une obligation de déclaration des wallets non-custodial (Ledger, Metamask, Trezor, etc.) au-delà d’un certain seuil de valeur. Si cette recommandation est suivie par Bercy et le gouvernement, la fiscalité crypto ne se limiterait plus aux ventes en euros. Elle pourrait progressivement s’étendre à la simple détention d’actifs numériques.
La Cour des comptes cible les wallets auto-hébergés au-delà d’un seuil de valeur
Aujourd’hui, en France, tant que vous ne convertissez pas vos cryptos en monnaie fiduciaire, aucune plus-value n’est réalisée, donc pas d’impôt. L’administration fiscale concentre surtout son regard sur les plateformes centralisées, déjà encadrées par les dispositifs européens (KYC, DAC8, etc.).
Mais, La Cour des comptes veut aller plus loin. Elle recommande “d’instaurer une obligation de notification au fisc de la détention de portefeuilles de cryptoactifs auto-hébergés à partir d’un seuil défini en valeur”. Autrement dit, au-delà d’un montant qui reste à fixer, vous devriez déclarer votre adresse crypto et la valeur, même sans aucune vente. C’est un recensement fiscal des portefeuilles crypto après le contrôle total des transactions en Europe via la directive DAC8
L’objectif visé est triple :
- combler le “trou noir” des actifs hors plateformes,
- obtenir une vue d’ensemble du patrimoine numérique des contribuables, et,
- rendre techniquement possible, demain, une taxation fondée sur la valeur de ce patrimoine.
Compte tenu du poids du Conseil des prélèvements obligatoires de la Cour des comptes, beaucoup anticipent déjà une intégration de cette mesure. Elle serait peut-être adoptée via une loi de finances 2026 ou 2027, pour une première application sur les revenus 2026/2027.
Vers un impôt sur la fortune crypto, même sans cash-out ?
Derrière cette recommandation se profile une évolution beaucoup plus profonde. Jusqu’ici, l’impôt ne frappe que les gains réalisés : pas de vente, pas de taxation. Mais si l’État connaît la valeur de vos actifs cryptos à un instant T, il pourrait envisager un impôt sur votre patrimoine crypto, même sans vente.
Pour les détenteurs, cela soulève de nombreuses questions : comment gérer une base taxable sur un actif ultra-volatil ? Que se passe-t-il si le marché chute après la date de référence ? Comment prouver qu’on n’est plus propriétaire d’une adresse ?
Une chose est claire : avec cette prise de position de la Cour des comptes, la crypto n’est plus un angle mort du système fiscal français. La prochaine étape dépendra du courage politique du gouvernement : transformer cette recommandation en loi. Ou, maintenir, encore un temps, la frontière entre plus-values réalisées et simple détention.

