- Hausse du SMIC : +1,18 %, soit seulement 16,83 € nets supplémentaires, pour atteindre 1 823,03 € brut dès janvier 2026.
- Malgré les revendications, aucun coup de pouce n’a été accordé, au nom du marché du travail et du coût des exonérations.
Le gouvernement a confirmé une revalorisation automatique du SMIC de 1,18 % au 1er janvier 2026, sans coup de pouce supplémentaire. Cette hausse, d’à peine 17 € nets par mois, intervient dans un contexte social tendu et d’inflation persistante. Pour 2,2 millions de salariés concernés, la mesure laisse un goût amer.
Une hausse strictement mécanique malgré les alertes syndicales
Le rapport du groupe d’experts sur le SMIC, remis le 27 novembre 2025, recommandait une revalorisation limitée à l’indexation automatique prévue par le Code du travail. Le gouvernement a appliqué cette ligne à la lettre. Ainsi, le SMIC passera à 1 823,03 € brut par mois et 12,02 € brut de l’heure, soit une augmentation nette d’environ 16,83 €.
Les experts justifient ce choix par plusieurs éléments structurels :
- Ralentissement du marché du travail,
- SMIC très élevé par rapport au salaire médian (62,5 %),
- Coût des exonérations patronales sur les bas salaires, avoisinant 75 milliards d’euros par an.
Ils rappellent également que le SMIC a progressé plus vite que l’inflation cumulée ces cinq dernières années, contrairement à une large partie des salaires intermédiaires, comprimant l’échelle salariale.
Mais pour les salariés concernés, la hausse apparaît dérisoire. Vingt euros, ce n’est pas suffisant, c’est nul. Dans une période marquée par la flambée des prix alimentaires et énergétiques, la frustration grandit.
Les syndicats dénoncent un « immobilisme social ». La CGT réclame un SMIC à 2 000 € brut. Elle appelle d’ailleurs, avec Solidaires et la FSU, à une grève nationale le 2 décembre pour exiger des hausses de salaires réelles.
Un pari de stabilité… qui pourrait accélérer l’intérêt pour les alternatives financières, dont la crypto
En refusant tout coup de pouce, le gouvernement fait le pari d’une stabilité économique maîtrisée. Le SMIC français reste l’un des plus élevés d’Europe, au-dessus des repères fixés par la directive européenne sur les salaires minimums. Mais cette réalité statistique ne suffit plus à masquer un phénomène préoccupant. Le nombre de travailleurs pauvres continue de croître, malgré un salaire minimum élevé en comparaison internationale.
Les experts recommandent une réforme plus profonde, notamment en ramenant le seuil d’exonérations patronales à 2 SMIC. Une telle mesure pourrait générer jusqu’à 6 milliards d’euros d’économies, potentiellement réinjectés dans des dispositifs comme la prime d’activité. Mais politiquement, la réforme est sensible : elle touche au cœur des tensions entre compétitivité des entreprises et rémunération des salariés.
Cette revalorisation limitée intervient alors que le pouvoir d’achat s’érode, alimentant un climat social déjà fragilisé. Dans ce contexte, un phénomène discret, mais réel, gagne du terrain. Certains ménages, notamment parmi les jeunes actifs au SMIC, se tournent vers des solutions financières alternatives, dont les cryptomonnaies et les stablecoins.
Face à des salaires stagnants, ces outils apparaissent pour certains comme une manière d’obtenir un complément de rendement, de transférer de l’argent à moindre coût ou de préserver une petite épargne face à l’inflation.
Ainsi, même si la décision gouvernementale se veut pragmatique, elle pourrait involontairement renforcer l’idée que la finance traditionnelle peine à répondre aux besoins des bas revenus. Ce qui laisserait davantage de place à l’adoption progressive des actifs numériques dans la gestion du quotidien.

