- Les eurodéputés ont adopté deux amendements majeurs le mardi 10 février 2026, affirmant le caractère essentiel de la monnaie numérique pour l’autonomie de l’Union.
- Ce soutien massif (438 voix contre 158) vise à réduire la dépendance critique du continent vis-à-vis des réseaux de paiement américains comme Visa et Mastercard.
L’Union européenne franchit une étape politique décisive dans la course aux monnaies numériques de banque centrale (MNBC). Lors de l’examen du rapport annuel sur les activités de la Banque centrale européenne (BCE), le Parlement de Strasbourg a validé deux amendements stratégiques soutenant la mise en œuvre de l’euro numérique. Bien que symbolique à ce stade, ce vote envoie un signal clair de soutien à Francfort.
Alors même que l’institution monétaire espère lancer les premières expérimentations concrètes dès l’année prochaine. Pour Bruxelles, il s’agit de garantir une infrastructure de paiement souveraine capable de fonctionner sans dépendre de prestataires étrangers.
Euro numérique : un levier de souveraineté pour briser le monopole des réseaux de paiement étrangers
Le premier amendement adopté souligne que l’introduction d’un euro numérique est essentielle pour renforcer la souveraineté monétaire de l’UE et limiter la fragmentation du marché unique. Actuellement, plus de 70 % des paiements par carte en Europe transitent par des sociétés américaines. Cette vulnérabilité, les députés la jugent désormais inacceptable dans le contexte géopolitique actuel. Le texte voté plaide pour une solution publique, gratuite et universellement acceptée. Elle servirait de complément numérique aux espèces.
En s’alignant sur la position de la BCE, le Parlement souhaite que cet outil soit utilisable aussi bien en ligne qu’en mode hors ligne. Ainsi, offrira-t-il, une alternative robuste aux portefeuilles numériques privés. Cette déclaration d’indépendance financière est présentée comme le pilier d’une Europe capable de gérer ses transactions critiques en toute autonomie.
Vers une surveillance accrue des actifs crypto pour protéger l’euro public
Le second volet de ce vote concerne la surveillance des actifs virtuels et la place du Bitcoin dans l’économie européenne. Le Parlement a exhorté la BCE à intensifier son contrôle sur les crypto-actifs. Il prévient que l’abandon du secteur des paiements numériques à des acteurs privés non européens pourrait engendrer de nouvelles formes d’exclusion sociale. Les députés craignent que le développement incontrôlé des stablecoins et des cryptomonnaies ne fragilise le rôle de la monnaie centrale.
Si la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a réaffirmé que « le cash reste roi », elle a insisté sur le fait que l’euro numérique apporterait la confidentialité et la sécurité de l’argent public dans le monde digital. Cependant, le projet continue de susciter des craintes sur la protection de la vie privée. Il force la BCE à promettre un design technologique interdisant aux banques centrales d’accéder aux données personnelles des utilisateurs.

