- La BCE a terminé son évaluation du projet d’euro numérique, Christine Lagarde confirmant que la suite dépend désormais des institutions politiques européennes.
- Le Conseil de l’UE et le Parlement européen doivent adopter ou modifier le règlement proposé, faire des tests pilotes avant une mise en circulation dès 2029.
Lors de la conférence de fin d’année de la BCE, Christine Lagarde a clairement acté la fin de la mission évaluative entamée le 1ᵉʳ novembre 2025 de l’institution sur l’euro numérique. Après plusieurs mois de travaux techniques, d’analyses et de phases préparatoires, la banque centrale considère avoir rempli son rôle.
La BCE a terminé son évaluation et se retire du pilotage du projet
La BCE indique dorénavant que la responsabilité du projet revient aux instances politiques européennes. Le Conseil de l’Union européenne, puis le Parlement européen, devront décider si la proposition de la Commission européenne peut être adoptée en l’état. Ou alors, si elle sera amendée pour devenir un règlement applicable.
Pour la BCE, l’objectif d’un tel projet est de garantir que les citoyens de la zone euro puissent continuer à disposer d’un moyen de paiement public, fiable et universel. Ils doivent disposer d’un moyen de paiement utilisable aussi bien en ligne que hors ligne. La BCE insiste sur la préservation de la vie privée, la liberté de choix des utilisateurs et la complémentarité avec les espèces physiques, qui resteront disponibles.
Quelles sont les prochaines étapes avant un éventuel lancement de l’euro numérique ?
Si le projet entre désormais dans une phase politique, plusieurs étapes restent nécessaires avant toute mise en circulation. En effet, le règlement établissant l’euro numérique doit être adopté par le Conseil de l’Union européenne. Il sera ensuite examiné par le Parlement européen, sous réserve d’accord entre les institutions, avec un objectif de finalisation courant 2026.
Sur le plan opérationnel, l’Euro système prévoit de poursuivre les préparatifs techniques, avec la possibilité de tests pilotes et de premières transactions entre 2026 et 2027. Ces expérimentations viseraient à valider la faisabilité technique, la sécurité et les usages concrets de l’euro numérique.
Toutefois, la BCE et les institutions européennes estiment qu’un lancement effectif avant 2029 reste peu probable. Ce calendrier laisse le temps au cadre réglementaire de se stabiliser. Il permet aussi au paysage des paiements numériques d’évoluer, notamment face à la montée en puissance des stablecoins et des solutions privées de paiement.
Par ailleurs, le projet suscite des réticences du côté des banques commerciales. Elles redoutent une fuite des dépôts vers les portefeuilles numériques de la banque centrale. Pour limiter ce risque, un plafond de détention, évoqué autour de 3 000 euros par utilisateur, pourrait être mis en place.
Sur le plan financier, la BCE estime le coût de développement du projet à environ 1,3 milliard d’euros. Ce fond a été pris en charge par les banques centrales de l’Euro système. Néanmoins, les banques privées devraient supporter entre 4 et 6 milliards d’euros de coûts d’adaptation.

