- Le Parlement européen doit se prononcer au premier semestre 2026 sur le cadre de l’euro numérique avant tout projet pilote en 2027.
- L’inflation en zone euro est revenue à 2,0 %, la BCE se focalise donc sur la bataille technologique contre les stablecoins dollars sous GENIUS Act.
Le projet d’euro numérique franchit une étape charnière après avoir reçu le soutien du Conseil européen fin 2025. La Banque centrale européenne (BCE) doit désormais affronter l’épreuve du Parlement européen au premier semestre 2026. Ce vote décisif déterminera si l’Europe se dote enfin d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC). Ainsi, pourra-t-elle, protéger sa souveraineté face aux géants du paiement américains et à l’essor des stablecoins réglementés.
Euro numérique : un Parlement divisé face à l’urgence de Christine Lagarde
Malgré l’enthousiasme de Christine Lagarde, qui souhaite « pousser aussi fort que possible », le consensus politique reste fragile. Les 720 euro-députés sont profondément divisés sur les questions de confidentialité et de valeur ajoutée pour les citoyens.
Pour tenter de débloquer la situation, le rapporteur Fernando Navarrete plaide pour une version « allégée » de l’euro numérique. Ainsi, le projet d’euro numérique allégé se concentrerait sur un usage hors ligne.
Elle faciliterait des paiements de personne à personne sans connexion Internet. Ce qui garantirait ainsi un niveau de vie privée proche de celui de l’argent.
Cette accélération sur le projet d’Euro numérique est motivée par la mise en œuvre du GENIUS Act aux États-Unis. Cette loi sur les stablecoins légitime les cryptos stables adossés au dollar comme outils de paiement mondiaux. Sans une alternative publique européenne, l’UE risque de voir sa souveraineté monétaire s’effriter au profit d’infrastructures privées étrangères.
La BCE prévoit désormais un projet pilote en 2027 pour une émission initiale de l’euro tokenisé en 2029. Et ce, à condition que le cadre légal soit adopté cette année. Ce calendrier est crucial pour offrir une infrastructure de paiement souveraine face à la domination de Visa, Mastercard et PayPal.
Le projet sur l’euro tokénisé, sous haute tension avec la concurrence privée et l’inflation
L’euro numérique ne doit pas seulement convaincre les politiques, mais aussi faire face à la concurrence du secteur privé européen. Un consortium de dix grandes banques travaille déjà sur son propre projet de stablecoin en euro. Il juge la BCE déconnectée des réalités opérationnelles d’un système de paiement de détail pour 350 millions de personnes.
Ce projet privé, conforme au règlement MiCAR, pourrait voir le jour en 2026. Elle offrait ainsi une solution de marché avant même que la MNBC ne soit prête. Cela alimente déjà les débats sur l’utilité réelle de l’euro numérique.
Enfin, ce grand chantier monétaire s’inscrit dans un contexte macroéconomique stabilisé. En décembre 2025, l’inflation annuelle en zone euro est ressortie à 2,0 %, atteignant enfin l’objectif de la BCE. Ce retour à la normale offre une fenêtre de tir politique à l’institution pour se concentrer sur ses réformes structurelles.
Toutefois, le défi reste immense. Ma BCE doit persuader que l’euro numérique n’est pas un outil de surveillance. La stablecoin est plutôt un vecteur de liberté financière et de compétitivité face à l’hégémonie technologique américaine.

