- Chrisine Lagarde et les gouverneurs des banques centrales du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie, signent un texte pour soutenir Powell.
- Le DoJ enquête sur une « mauvaise gestion budgétaire » liée aux rénovations du siège de la Fed que Powell voit comme prétexte pour nuire à l’institution.
Dans un geste diplomatique, la Banque centrale européenne (BCE) et dix autres grandes institutions monétaires internationales prononcent leur solidarité pour Jerome Powell. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) est visé par le Département de la Justice (DoJ) sur une enquête criminelle. La manœuvre est dénoncée par de nombreux économistes comme une tentative d’intimidation politique visant à forcer une baisse des taux d’intérêt.
Un front uni pour la préservation de l’indépendance monétaire
Les signataires de la déclaration, coordonnée par la Banque des Règlements Internationaux (BRI), insistent sur le fait que l’indépendance des banques centrales est le « pilier fondamental de la stabilité des prix ». En soutenant publiquement Jerome Powell, les banquiers centraux mondiaux envoient un message clair à l’administration américaine.
Ils affirment ainsi que l’utilisation d’outils judiciaires pour influencer la politique monétaire menace l’équilibre économique global. Aussi, ils soulignent l’intégrité et le discernement dont a fait preuve le président de la Fed durant ses deux mandats.
Cette réaction collective fait suite à une déclaration vidéo rare et combative de Jerome Powell, publiée le dimanche 11 janvier. Il y alléguait que « la menace de poursuites criminelles est une conséquence du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d’intérêt en fonction de l’intérêt public, et non des préférences du président ».
Pour les observateurs financiers, cette crise institutionnelle aux États-Unis pourrait entraîner une dépréciation du dollar. Elle pourrait même entraîner une instabilité sur les marchés obligataires si la crédibilité de la Fed est durablement entachée.
Réactions en chaîne et conséquences sur les marchés mondiaux
Le soutien à Jerome Powell dépasse les frontières des banques centrales. Aux États-Unis, tous les anciens présidents de la Fed encore en vie, ont condamné l’enquête du DoJ. Ils l’ont qualifié d' »attaque sans précédent » contre les fondements économiques de la nation.
De plus, ils ont averti que de telles pratiques sont généralement le propre des « marchés émergents aux institutions faibles ». Elles risquent même de déclencher une inflation incontrôlée en politisant le coût de l’argent.
Sur les marchés, la tension est palpable. Les analystes de Goldman Sachs et d’ING ont prévenu que l’indépendance de la Fed serait compromise si la procédure aboutissait. Ainsi, les investisseurs pourraient exiger une « prime de risque » plus élevée, augmentant mécaniquement les coûts d’emprunt pour le gouvernement et les citoyens.
Le mandat de Jerome Powell doit se terminer en mai 2026. L’issue de cet affrontement judiciaire et politique reste incertaine. Mais le bloc de la BCE et ses alliés montre que la stabilité du système financier international repose, selon eux, sur le maintien du président actuel à son poste.

