- Depuis début 2026, la France subit une explosion de la criminalité organisée ciblant les proches des détenteurs de crypto-actifs. C’est la septième affaire en 19 jours
- Le nouveau Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), tout juste entré en fonction le 5 janvier, s’est saisi de l’affaire pour démanteler ce réseau spécialisé.
La commune de Sallanches, en Haute-Savoie, est sous le choc après le violent enlèvement d’un couple de retraités survenu dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026. Les ravisseurs, visiblement membres d’une organisation criminelle parfaitement renseignée, ont exigé une rançon colossale de 8 millions d’euros à leur fils, un professionnel reconnu de l’industrie des cryptomonnaies. Après 48 heures d’angoisse, les victimes ont été libérées à Montélimar, à des centaines de kilomètres de chez elles, traumatisées et présentant de multiples contusions.
Le « Kidnapping 2.0 » : quand le crime organisé change de cible
Ce drame illustre une dérive glaçante : les malfaiteurs ne s’attaquent plus seulement aux investisseurs, mais à leurs parents ou enfants. Comme le souligne le criminologue Alain Bauer, cette stratégie vise à briser la résistance psychologique des cibles en jouant sur la culpabilité. Face aux systèmes de sécurité numériques (clés multisignatures, coffres-forts temporels), les gangs privilégient désormais la force brute exercée sur l’entourage.
Le fils des victimes, travaillant dans le secteur, était la cible indirecte. Pour les ravisseurs, la crypto offre l’illusion d’un transfert de fonds intraçable et immédiat. L’enquête du PNACO devra déterminer comment les agresseurs ont pu identifier avec une telle précision les liens familiaux et le patrimoine de leur cible principale.
DAC8 et fuites de données : une « cible dans le dos » des investisseurs ?
L’inquiétude grandit au sein de la communauté crypto française. D’autant que cette affaire éclate quelques jours seulement après la mise en œuvre de la directive DAC8 le 1er janvier 2026. Cette réglementation impose une transparence totale sur les avoirs numériques. Or, des rumeurs persistantes de fuites de données au sein de l’administration fiscale française circulent depuis le 9 janvier. Un agent corrompu aurait même revendu des listes de « riches détenteurs » au marché noir.
Si ces fuites sont avérées, elles placeraient l’État dans une position intenable. Il oblige les citoyens à déclarer leurs avoirs numériques tout en étant incapable de garantir le secret de ces données sensibles. Entre la hausse de la flat tax à 31,4 % et l’insécurité physique grandissante, de nombreux acteurs du secteur appellent désormais à la création d’une cellule nationale. Elle serait spécialisée dans les enlèvements crypto et participerait au renfort de la protection des données fiscales. Cela éviterait que la France ne devienne le terrain de chasse privilégié des réseaux criminels.

