- Nawel Ben Baba réalise l’un des premiers travaux académiques français sur l’application de la blockchain dans les musées.
- Le mémoire ne se limite pas à la technique ; il croise l’histoire de l’art avec le droit et la sociologie pour repenser le modèle économique des institutions culturelles.
Passionnée d’actifs numériques depuis l’adolescence, une étudiant de Rouen veut consacrer son mémoire à l’intégration de la blockchain dans le secteur muséal. Ce projet, de Nawel Ben Baba, est soutenu par une bourse universitaire. Il explore comment cette technologie peut transformer la gestion des œuvres, les modèles économiques culturels et l’engagement des publics.
La blockchain comme nouvel outil de gestion pour les institutions culturelles
L’intérêt de Nawel Ben Baba pour la blockchain ne se limite pas à la simple spéculation financière. Pour ses recherches en Histoire de l’Art, elle analyse comment les registres décentralisés peuvent répondre aux défis structurels des musées. Son travail porte sur une problématique centrale. Dans quelle mesure la technologie peut-elle devenir un levier pertinent pour la transparence de la provenance des œuvres et la modernisation des modèles économiques. Ce sujet est quasiment inédit en France, où la littérature académique sur le lien entre art et blockchain reste encore très fragmentaire.
L’étude menée à Rouen s’articule autour de plusieurs axes transversaux incluant le droit, l’écologie et la sociologie. En examinant les mécanismes techniques des cryptomonnaies et de la blockchain, l’étudiante cherche à comprendre les implications sociales de ces outils.
Il s’agit d’évaluer si la décentralisation peut offrir une alternative aux systèmes de financement traditionnels pour les institutions culturelles. Cette démarche scientifique rigoureuse permet d’identifier les risques réels et les limites actuelles de la technologie, loin des effets de mode. Elle souligne aussi son potentiel pour une gestion interne plus fluide.
Un parcours personnel entre transmission familiale et revanche intellectuelle
Cette vocation pour l’univers numérique trouve ses racines dans le cercle familial. Initiée dès l’âge de 16 ans par son père, Nawel Ben Baba a découvert la blockchain à travers l’économie et des applications ludiques comme les jeux « Move-to-Earn ».
Ce qui n’était alors qu’un sujet de discussion domestique est devenu le pilier d’une carrière académique. Pour l’étudiante, traiter ce sujet est aussi une façon de rendre hommage à cette transmission paternelle. Elle souhaite maintenir un lien symbolique fort malgré l’éloignement.
Au-delà de l’hommage, ce mémoire représente une forme de reconnaissance intellectuelle. Nawel Ben Baba était longtemps incomprise par ses pairs lorsqu’elle évoquait les actifs numériques durant sa jeunesse. Elle voit aujourd’hui ses intuitions validées par l’institution universitaire.
Le fait d’avoir obtenu une bourse pour un sujet aussi pointu et majoritairement traité par des profils masculins souligne l’évolution des mentalités. Elle devient ainsi l’une des rares femmes à produire une expertise scientifique sur la blockchain en France. Nawel ouvre la voie à une approche plus diversifiée et interdisciplinaire de la technologie.

