- Dès 2026 ou 2027, en Moldavie, la détention, l’échange et la conversion de cryptomonnaies seront formellement autorisés pour les citoyens et les entreprises.
- Le Bitcoin et les altcoins ne seront toutefois pas reconnus comme monnaie légale ; le paiement direct de biens et services en crypto restera interdit sur le territoire.
C’est une petite révolution réglementaire qui se prépare aux portes de l’Union européenne. Andrian Gavriliță, ministre des Finances de la Moldavie, annonce que son pays déploierait un cadre législatif pour les actifs numériques d’ici 2027. L’objectif est d’aligner la législation moldave sur le règlement européen MiCA afin de sécuriser le secteur et d’honorer ses engagements de candidat à l’adhésion à l’UE.
La Moldavie veut sortir de la zone grise pour sécuriser son économie
Pour le gouvernement moldave, cette décision n’est pas un aveu de passion pour le Web3, mais une nécessité pragmatique. Jusqu’à présent, la Moldavie naviguait dans une zone grise juridique qui favorisait, selon le ministre, des circuits financiers opaques comme le système Hawala. En régulant le secteur, Chișinău espère tarir les flux liés au blanchiment d’argent et au financement d’activités illégales. Cela offrira aussi une protection juridique aux investisseurs particuliers.
Ce cadre obligera les plateformes d’échange souhaitant opérer en Moldavie à obtenir un agrément auprès de la Banque Nationale ou de la Commission de surveillance des marchés financiers. De plus, la structure calquée sur le modèle roumain et européen permettra d’intégrer les actifs numériques dans le système financier traditionnel. Elle facilitera ainsi les déclarations fiscales et la surveillance des flux de capitaux.
Un signal fort pour l’intégration européenne
Le choix du standard MiCA par la Moldavie est un signal politique fort envoyé à Bruxelles. En adoptant les normes les plus strictes au monde avant même son adhésion, le pays démontre sa capacité à moderniser ses institutions financières. Andrian Gavriliță a d’ailleurs souligné qu’on ne peut pas simplement interdire les cryptomonnaies. Il reconnaît leur existence de fait et préfère un contrôle strict à une exclusion inefficace.
Cette annonce intervient alors que d’autres pays de la région, comme l’Ukraine ou la Géorgie, accélèrent également leur mise en conformité avec les standards européens. Pour les utilisateurs moldaves, 2026 marquera la fin de l’incertitude.
Ils pourront investir dans des actifs certes spéculatifs, mais au sein d’un écosystème surveillé par l’État. Cela réduit les risques de fraudes massives qui ont entaché le marché local ces dernières années. L’alignement de la Moldavie résonne avec l’entrée en vigueur de la directive DAC8 le 1er janvier 2026 au sein de l’UE.

