- Brian Armstrong définit le Bitcoin comme un protocole sans émetteur, le plaçant au-dessus de l’indépendance des banques centrales.
- L’indice Fear & Greed enregistre une chute à 24, signalant une phase de peur extrême chez les investisseurs.
Le secteur des cryptomonnaies traverse une période de fortes tensions actuellement. Elle est marquée par une dégradation brutale du sentiment des investisseurs. Parallèlement, un débat de fond oppose les régulateurs européens aux dirigeants de plateformes d’échange. Il porte sur la nature même de la monnaie numérique et son degré d’indépendance vis-à-vis des institutions traditionnelles.
La décentralisation comme argument d’indépendance monétaire du Bitcoin face à la banque centrale
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a récemment réaffirmé sa préférence pour les banques centrales. C’était lors d’une discussion lors du World Economic à Davos.
Le gouverneur déclare : : «Je fais davantage confiance aux banques centrales indépendantes disposant d’un mandat démocratique qu’aux émetteurs privés comme Bitcoin.»
Cette position repose sur l’idée que la stabilité monétaire nécessite une autorité régulatrice identifiée et responsable devant les institutions.
Brian Armstrong, PDG de Coinbase, a répondu à ces propos en précisant la structure technique du Bitcoin. Selon lui, qualifier le Bitcoin d’émetteur privé constitue une erreur de définition. Il soutient que le Bitcoin, comme protocole décentralisé, n’appartient à aucune entité, pays ou individu.
Pour Armstrong, cette absence totale de contrôle centralisé garantit une forme d’indépendance supérieure à celle des banques centrales. Avec elles, les décisions restent soumises à des politiques institutionnelles humaines.
Bitcoin est un protocole décentralisé. Il manque d’émetteur. C’est en ce sens que, même si les banques centrales sont indépendantes, le Bitcoin l’est encore plus. Il n’y a aucun pays, aucune entreprise ni aucun individu qui le contrôle.
Brian Armstrong.
Le marché crypto bascule dans une zone de peur extrême après la chute du BTC
Cette confrontation idéologique survient dans un contexte de marché particulièrement fragile. L’indice Fear & Greed, qui mesure le sentiment psychologique des acteurs du secteur, est tombé au niveau 24. Ce score indique une phase de « peur extrême ». Il reflète une méfiance généralisée et un retrait massif des capitaux et une attente prudente des investisseurs.
Ce recul de l’indice s’explique souvent par une volatilité accrue et des incertitudes réglementaires persistantes. Malgré les arguments de Brian Armstrong sur la robustesse et la neutralité technologique du protocole, la réaction immédiate des opérateurs financiers reste dictée par l’appréhension.
Selon les observateurs, ce niveau de pessimisme atteint rarement de tels seuils sans entraîner une reconfiguration des positions sur le court terme. Dans le même temps, les liquidations sur le marché crypto pendant les 24 dernières heures atteignent 863,32 millions de dollars. Le bitcoin aussi descend sous les 90 000 dollars US, se négociant à 89 204,81 alors que nous écrivons ces lignes.

