- Binance a créé une société holding en Grèce et déposé une demande de licence MiCA pour obtenir un « passeport européen » de services crypto.
- Sa démarche intervient alors que l’échéance du 1er juillet approche, mettant sous pression les plateformes non encore régulées à l’échelle de l’UE.
Alors que la mise en œuvre complète du règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA) arrive, Binance ajuste sa stratégie sur le Vieux Continent. La plus grande plateforme d’échange au monde a officiellement déposé une demande de licence paneuropéenne auprès de la Commission hellénique des marchés de capitaux. Ce choix stratégique de la Grèce, assorti de la création d’une société holding locale, vise à garantir la continuité de ses services dans les 27 États membres.
Binance s’implante en Grece pour obtenir le passeport européen
Le régime MiCA a été instauré pour harmoniser les règles relatives aux actifs numériques en Europe. Il permet à une entreprise agréée dans un pays de l’Union d’opérer dans tous les autres via un mécanisme de passeport financier. En choisissant Athènes, Binance espère obtenir cette autorisation avant la date butoir du 1er juillet. La procédure fait actuellement l’objet d’un examen accéléré par les autorités grecques. Elles se font aider par des cabinets d’audit comme Ernst & Young et KPMG pour valider la conformité du dossier.
Pour Binance, cette implantation en Grèce marque une volonté de présence à long terme. Le porte-parole de la plateforme a souligné la solidité de l’environnement réglementaire grec et sa contribution à la stabilité financière de l’UE. Si la licence est accordée, la société prévoit d’y établir un siège social important et d’y recruter du personnel local. Après Dubaï, il va ainsi consolider sa structure juridique européenne après plusieurs mois de tensions avec d’autres régulateurs nationaux.
L’échéance du 1er juillet met les plateformes sous pression
L’urgence de cette démarche s’explique par le calendrier strict imposé par les autorités de Bruxelles. Dès juillet, les entreprises de cryptomonnaies dépourvues de licence MiCA s’exposent à une fermeture forcée de leurs activités en Europe. Actuellement, Binance opère dans six pays de l’UE grâce à des enregistrements nationaux. Mais, ces derniers deviendront insuffisants pour maintenir une offre commerciale globale après la période de transition.
Cette course à la conformité s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue, notamment en France. Rappelons qu’ici, les relations entre la plateforme et les autorités ont été marquées par des inspections sur place. Certains pays plaident pour une supervision encore plus centralisée par l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA). Toutefois, l’obtention d’une licence en Grèce constituerait pour Binance un rempart réglementaire indispensable. Cette étape prouve que la plateforme veut s’aligner sur les standards de transparence et de protection des investisseurs exigés par le nouveau cadre européen.

