- Le groupe de travail de la SEC sur les crypto-monnaies a rencontré Jito Labs et Multicoin Capital le 5 février. Ensemble, ils ont discuté de l’inclusion du staking dans les produits négociés en bourse et des modèles potentiels pour sa mise en œuvre.
- Les experts estiment que l’autorisation du staking dans les ETF pourrait favoriser l’adoption des crypto-monnaies par les institutions. Cela permettrait aussi d’intégrer le staking dans les produits financiers traditionnels.
La Commission américaine des opérations de bourse (SEC) envisage d’autoriser le jalonnement dans les fonds négociés en bourse (ETF) liés aux crypto-monnaies. Cette mesure pourrait avoir un impact significatif sur l’adoption des crypto-monnaies par les institutions.
L’évolution est intervenu quelques semaines seulement après que le groupe de travail nouvellement formé par la SEC a entamé des discussions avec des dirigeants de crypto-monnaies. Il s’agit notamment des représentants de Jito Labs, l’une des plus grandes plateformes de staking basées sur Solana, et de Multicoin Capital, une société d’investissement dans les crypto-monnaies fondée en 2017.
La SEC rencontre des dirigeants de crypto-monnaies pour discuter du staking
Lucas Bruder, PDG de Jito Labs, et Kyle Samani, associé directeur de Multicoin Capital, ont participé à la réunion avec la SEC le 5 février. Bien que l’agence n’ait publié qu’un bref résumé de cinq pages de la discussion, elle a confirmé que deux approches potentielles du jalonnement dans les ETF sont en cours d’examen.
La SEC étudie actuellement deux approches potentielles pour intégrer le jalonnement dans les ETF. La première consiste à jalonner une partie des actifs des ETF. Elle permet à ces derniers de jalonner un certain pourcentage de leurs avoirs par l’intermédiaire de prestataires de services gérant des validateurs. La seconde approche implique des jetons de jalonnement liquides (LST), tels que JitoSOL pour le SOL de Solana, représentant les actifs jalonnés et permettant le rachat sans jalonnement. De plus, le jalonnement joue un rôle essentiel dans les réseaux de preuve d’enjeu en sécurisant la blockchain grâce à des actifs verrouillés dans des nœuds de validation et en récompensant les participants pour leurs contributions.
Malgré les avantages potentiels, la SEC reste prudente quant à l’autorisation du staking dans les ETF en raison de plusieurs préoccupations majeures. L’un des principaux problèmes est la période de déblocage, car les actifs jalonnés ont généralement une phase de blocage qui pourrait retarder les rachats d’ETF et compliquer la gestion des liquidités. En outre, les implications fiscales restent floues, car l’imposition des récompenses de jalonnement reste une question réglementaire complexe et non résolue. Enfin, la classification du jalonnement en tant que service a longtemps été débattue, avec des préoccupations quant à savoir s’il s’agit d’une opération sur titres, ce qui soulève des risques de non-conformité pour les émetteurs d’ETF.
Des entreprises comme Kraken ont été contraintes de fermer leurs services de staking pour les clients américains, en invoquant des problèmes de réglementation. Toutefois, la position de la SEC semble évoluer après l’investiture du président Donald Trump. Le président intérimaire de la SEC, Mark Uyeda, ainsi que la commissaire pro-crypto Hester Peirce, s’efforcent de répondre aux préoccupations du secteur et de s’éloigner de l’ancienne approche de « réglementation par l’application« . Un exemple clé de ce changement est l’acceptation récente par la SEC des dépôts 19b-4 pour les ETF XRP de Grayscale et 21Shares.
Notamment, la bourse Cboe BZX a récemment proposé d’autoriser le staking dans l’ETF 21Shares Core Ethereum. Tandis que la bourse de New York (NYSE) a soumis une proposition visant à introduire le staking dans l’ETF Ethereum de Grayscale. Si le staking devient partie intégrante des ETF crypto réglementés, cela pourrait renforcer la stabilité du marché, améliorer la clarté de la réglementation et attirer davantage d’investissements grand public dans l’espace.

